Le Théâtre National Palestinien ouvre le Festival international de drame ancien grec de Chypre avec « Antigone » de Sophocle

2 & 3 juillet 2013, au Chypre
 (Paphos, Nicosie)
sélection du spectacle pour la programmation au 
festival international de Chypre : THEATRE CULTURES

VIDEO

« Antigone » de Sophocle

ADEL HAKIM

THEATRE NATIONAL PALESTINIEN
Théâtre d'Ivry Antoine Vitez, à PARIS
http://www.theatre-quartiers-ivry.com
spectacle en arabe - surtitré en français
mise en scène: Adel Hakim
scénographie et lumière: Yves Collet
musiques: Trio Joubran
texte arabe: Abd El Rahmane Badawi
texte français: Adel Hakim
poème Sur cette terre: texte et voix de Mahmoud Darwich
assistant mise en scène: Raymond Hosni
costumes: Shaden Salim
vidéo: Matthieu Mullot et Pietro Belloni, photos: Nabil Boutros,
construction décor: Abd El Salam Abdo, collaboration ateliers: Jipanco,
vidéo: Matthieu Mullot et Pietro Belloni, régie lumière: Léo Garnier,
régie son: Nicolas Favière, régie plateau: Antoine Raulin,
habilleuse: Dominique Rocher
 

avec les acteurs du THEATRE NATIONAL PALESTINIEN (Jérusalem)

Hussam Abu Eisheh…..……………. Créon

Alaa Abu Garbieh…..……. Hémon, Choeur

Kamel Al Basha……..…. Messager, Choeur

Mahmoud Awad…………. Tirésias, Choeur

Yasmin Hamaar…………. Eurydice, Ismène

Shaden Sali…………..…………. Antigone

Daoud Toutah……..……. Le Garde, Choeur

« Je suis faite pour l’amour, non pour la haine »

La terre et le mur

Pourquoi une Antigone palestinienne ?

Parce que la pièce parle de la relation entre l’être humain et la terre, de l’amour que tout individu porte à sa terre natale, de l’attachement à la terre. Parce que Créon, aveuglé par ses peurs et son obstination, interdit qu’un mort soit enterré dans le sol qui l’a vu naître. Et parce qu’il condamne Antigone à être emmurée. Et parce que, après les prophéties de Tirésias et la mort de son propre fils, Créon comprend enfin son erreur et se résout à réparer l’injustice commise.

Adel Hakim

Synopsis

OEdipe, autrefois, a régné sur Thèbes. A sa mort, ses deux fils, Eteocle et Polynice, décident de se partager le pouvoir : chacun règnera un an. Etéocle devient roi, mais au bout de l’année il refuse de céder la place à Polynice. Polynice monte alors une armée avec l’aide des Argiens et attaque Thèbes. Les deux frères vont finir par s’entretuer. Après cette guerre fratricide, Créon, leur oncle, devient roi. Il décide de donner tous les honneurs funéraires à Etéocle et de jeter le cadavre de Polynice aux chiens. Antigone s’oppose à cette décision. Elle veut enterrer son frère Polynice, contrevenant à la loi édictée par Créon. Créon condamne alors à mort Antigone. Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone, va essayer de sauver la jeune femme qu’il aime. La tragédie se noue, le conflit est déclaré entre morts et vivants.

Une compréhension intime de la tragédie

Ce qui m’a frappé, dès les premières répétitions, c’est la compréhension intime, en profondeur, que l’équipe artistique palestinienne – et en premier lieu les acteurs – avait de l’esprit de Sophocle et de la Tragédie Grecque. D’ailleurs, comme l’a dit un jour avec beaucoup d’humour Husam Abu Eishah qui interprète le rôle de Créon: “Nous comprenons Sophocle parce que la tragédie palestinienne est beaucoup plus ancienne que la tragédie grecque”. Compréhension tant sur le plan formel – musicalité, ironie, lyrisme mais aussi simplicité de la langue, puissance des sentiments – que sur le plan du contenu – connaissance des rhétoriques politiques, du maniement du discours, de la dignité des rebelles, du sens du sacré, des mécanismes de la répression, des relations hommes/femmes. Il apparaît évident que la situation palestinienne, au quotidien, rejoint tous les thèmes traités par Sophocle. Le défi lancé par Antigone à l’autorité répressive, associé à sa décision de mourir au nom de ses convictions, voilà ce qui en fait une figure palestinienne, une représentante de cette jeunesse que l’on peut croiser tous les jours dans les rues de Jérusalem, de Naplouse, de Ramallah…

“Quand on a vécu comme moi, plongée dans le malheur, la mort n’est pas un malheur”

Cette phrase d’Antigone explique à elle seule une résistance qui dure depuis plus de soixante ans et les actes a priori incompréhensibles de gamins qui jettent, au péril de leur vie, des pierres sur des chars et des blindés.

Mahmoud Darwich

Comme Sophocle, le poète palestinien Mahmoud Darwich, décédé en 2008, a su célébrer la lutte des humains pour leur survie et leur dignité dans un monde en folie. Il reconnaissait être proche de l’histoire des Grecs Anciens : « J’ai choisi d’être un poète troyen. Je suis résolument du camp des perdants. Les perdants qui ont été privés du droit de laisser quelque trace que ce soit de leur défaite, privés du droit de la proclamer. J’incline à dire cette défaite ; mais il n’est pas question de reddition ». On entendra la voix de Darwich dans le spectacle, une voix qui a été associée, les dernières années de sa vie, aux musiques du Trio Joubran. Leur musique, la voix du poète, les artistes palestiniens qui ont créé ce spectacle, tout cela est au service de la pièce de Sophocle, si lointaine avec ses 2500 ans d’existence et si proche de par sa vérité humaine.

A. H.

Mais rien au monde ne peut plus le sauver et sa manière d’agir vous fait penser à un cadavre de noyé qui, poussé à la surface par un courant quelconque, heurte un nageur fatigué et met les mains sur lui pour le retenir. Le cadavre ne reviendra pas à la surface, il ne sera même pas sauvé, mais il peut entraîner l’homme au fond.

Franz Kafka – Journal

La spirale d’Hadès

Il y a dans la pièce de Sophocle la mise en place d’un processus inexorable constitutif, dans sa simplicité, du principe même de tragédie. Racine disait que ce n’était qu’avec Bérénice, reine de Palestine, qu’il avait atteint ce niveau d’évidence qui est le propre des grands chefs-d’oeuvre de la Tragédie Grecque. Le coeur de la pièce est l’amour que Hémon, fils de Créon, porte à Antigone. Hémon aime Antigone, mais Antigone aime Polynice. Or Polynice est mort. A partir de là, la machine est lancée, le conflit est déclaré entre morts et vivants. Le cadavre sans sépulture de Polynice, livré comme nourriture aux chiens et aux oiseaux de proie, devient à son tour anthropophage. Sous les apparences du rationnel, la dispute politique et religieuse entre Antigone et Créon ouvre inexorablement la porte des Enfers par laquelle vont s’engouffrer les vivants. Et le cauchemar commence. Hadès devient le personnage invisible mais principal avec, à ses côtés, le fantôme d’OEdipe et toute la généalogie des Labdacides. Créon fait resurgir Hadès dès lors qu’il prononce cette phrase : « Les plus courageux cherchent à s’enfuir quand ils voient Hadès en face ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’un face à face qu’on redoute – comme Ismène – ou qu’on souhaite – comme Antigone. Au milieu d’une mer d’une infinie tristesse – celle du néant, du ciel sans limite ou du monde souterrain, chacun mesure l’immensité de sa solitude devant l’Incontournable, et l’intensité de son amour pour la vie et pour les vivants. Malgré une fuite effrénée des âmes vers la folie et l’anéantissement, la pièce de Sophocle est un chant d’amour et d’espoir, une symphonie des sentiments, un météore précieux et brillant incrusté dans le noir du ciel qui semble vouloir reculer l’ombre même de la mort, en attisant notre goût pour la lutte et pour la vie.

A. H.

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«Léonce et Léna» de Gábor Tompa au festival international Büchner

G. Büchner: "Léonce et Léna", dans la mise en scène de Gábor Tompa

28.06.2013, 19:30

«Léonce et Léna» de G. Büchner

Théâtre Hongrois de Cluj

metteur en scène Gábor Tompa
scénographe-costumier Carmencita Brojboiu
conseiller dramaturgique András Visky
musique de scène Vasile Şirli
chorégraphie Florin Fieroiu
assistant du metteur en scène István Albu
régie plateau Levente Borsos
souffleur Imola Kerezsy
Pierre, roi du Royaume de Popo Loránd Váta
Le Prince Léonce, son fils Balázs Bodolai
Léna, princesse du Royaume de Pipi Enikő Györgyjakab
Valério	Gábor Viola
Rosetta	Emőke Kató
La Gouvernante Csilla Varga
Le Maitre de Cérémonie József Biró
Le Président du Conseil d’état Attila Orbán
Chef de la Police Sándor Keresztes
Policier Ferenc Sinkó
Le Maitre d’école Ervin Szűcs
Le Chapelain de la cour	Lehel Salat
Premier Conseiller Róbert Laczkó Vass
Deuxieme Conseiller Szabolcs Balla
Troisieme Conseiller Alpár Fogarasi
Quatrieme Conseiller Melinda M. Kántor

Léonce et Léna s’enfuient tous deux de chez eux pour échapper aux noces planifiées par d’autres. Cependant, ils tombent inévitablement amoureux l’un de l’autre. Léonce et Léna, écrite à l’époque d’une Allemagne composée de plus de quatre-vingts petits États, est le premier chef-d’oeuvre de l’histoire du théâtre à traiter du mécanisme dépersonnalisant qui conduit au désassemblage de la pensée et de la parole humaines. Une comédie dans laquelle les personnages jouent avec leurs jouets mortels et, comme de vilains enfants, les détraquent pour trouver leur propre liberté.

Gábor Tompa

Billetterie 
LE FESTIVAL
 
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«Ganesh Versus the Third Reich» by Bruce Gladwin

"Ganesh Versus the Third Reich" de Bruce Gladwin. Photo : Jeff Busby

VIDEO

DES TYRANS ET DES DIEUX

Hitler a volé à l’Inde le svastika pour en faire la croix gammée nazie. Ganesh, le dieu à tête d’éléphant voué à combattre l’ignorance, part en Allemagne récupérer cet ancien symbole sanskrit du bien. Mais que pourra Ganesh contre les écueils qui naissent en salle de répétition ? Car les comédiens se demandent qui d’entre eux vont jouer les nazis, ou s’il faut connaître le judaïsme pour incarner un Juif. Et si, au nom du bien commun, il faut accepter de faire confiance à un tyran : le metteur en scène.

Ganesh Versus the Third Reich pose de façon ludique, poétique et politique les questions brûlantes de l’appropriation culturelle, du droit de représenter l’autre et… des jeux de pouvoir du quotidien. Ce spectacle d’une beauté aussi rare qu’inédite, souvent étonnamment drôle et toujours bouleversant, doit sa grâce à ceux qui l’ont créé : des comédiens atteints de déficience intellectuelle, réunis au sein d’une compagnie australienne qui leur donne la parole. Authentique.

Usine C
durée : 1 h 40
en anglais avec surtitres français
30 mai - 20 h 00
31 mai - 20 h 00
1 juin - 16 h 00
2 juin - 16 h 00
Tarif régulier : 43 $
30 ans et moins /65 ans et plus : 38 $
Taxes et frais de services inclus

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En parallèle
Rencontre avec Scott Price + Kate SulanRencontre avec les artistes en salle après la représentation 
du 31 mai

D’exclus à créateurs

Le Back to Back Theatre a été fondé en 1987 à Geelong, dans le sud-est de l’Australie, près de Melbourne, afin de créer du théâtre avec des gens socialement stigmatisés comme ayant une déficience intellectuelle. Utilisant de façon privilégiée leur position d’exclus pour porter sur le monde un regard discordant, les membres du Back to Back Theatre explorent à travers le théâtre les points de friction entre l’instrumentalisation économique et l’humanisme, le social et l’artistique, les nécessités légitimes des individus et la tyrannie de la normalité. La compagnie, qui comprend cinq comédiens permanents, est dirigée depuis 1999 par le metteur en scène Bruce Gladwin. Privilégiant un processus créateur à très long terme basé sur l’écriture par improvisation des comédiens, Bruce Gladwin et sa compagnie ont, dernièrement, développé une théâtralité radicale par une mise en valeur des enjeux réels qui sous-tendent la représentation. Ils déploient ainsi une esthétique fondée sur la poésie visuelle, le ludisme et la simultanéité, en continu, du performatif et du représenté.

Les quatre plus récentes créations majeures du Back to Back Theatre — soft (2002), small metal objects (2005), Food Court (2008) et Ganesh Versus the Third Reich (2011) — ont valu une importante renommée internationale à la compagnie, qui a tourné dans plus de 50 villes et plusieurs grands festivals à travers le monde au cours des 10 dernières années.

UN SPECTACLE DE Back to Back Theatre

MISE EN SCÈNE, CONCEPTION ET SCÉNOGRAPHIE Bruce Gladwin

COAUTEURS Mark Deans + Marcia Ferguson + Bruce Gladwin + Nicki Holand + Simon Laherty + Sarah Mainwaring + Scott Price + Kate Sulan + Brian Tilley + David Woods

INTERPRÉTATION Mark Deans + Simon Laherty + Scott Price + Luke Ryan + Brian Tilley

LUMIÈRES Andrew Livingston

SCÉNOGRAPHIE Mark Cuthbertson

ANIMATION Rhian Hinkley

MUSIQUE Jóhann Jóhannsson

MASQUES Sam Jinks + Paul Smits

COSTUMES Shio Otani

PHOTO Jeff Busby

PRÉSENTATION EN COLLABORATION AVEC Usine C + Carrefour international de théâtre (Québec)

RÉDACTION Paul Lefebvre

Création au Malthouse Theatre, Melbourne, le 29 septembre 2011

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Joël Pommerat: «La grande et fabuleuse histoire du commerce»

"La grande et fabuleuse histoire du commerce" de Joël Pommerat. Photo: Elisabeth Carecchio

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LA FABRIQUE DE L’AUTHENTIQUE

Années 1960. Années 2000. À quarante ans d’intervalle, dans une chambre d’hôtel anonyme, jamais tout à fait la même, cinq vendeurs itinérants fatigués se retrouvent au soir d’un jour qui paraît se répéter à l’infini. Sort de leur bouche le jargon usé de la rentabilité — stratégie, profit, rendement —, alors qu’ils n’égrènent qu’échecs et déceptions. Braves petits soldats d’une idéologie en marche, celle de la société marchande, ils s’enlisent dans l’instrumentalisation et la confusion des valeurs. Que reste-t-il alors des rapports humains quand la meilleure façon de mentir, c’est d’être sincère ?

Fresque impitoyable qui emprunte habilement les atours du documentaire, La grande et fabuleuse histoire du commerce traque l’évolution et la dérive du consumérisme contemporain. Avec lucidité, l’écrivain scénique Joël Pommerat, figure majeure du théâtre français actuel, signe ici un diptyque aussi décapant que désespérant sur la logique commerciale et son insinuation, aveugle, terrible, au cœur de nos vies.

Maison Théâtre
durée : 1 h 20
en français
7 juin - 20 h 00
8 juin - 16 h 00
8 juin - 20 h 00
Tarif régulier : 48 $
30 ans et moins /65 ans et plus : 43 $
Taxes et frais de services inclus

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En parallèle
Rencontre avec les artistes en salle après la représentation du 7 juin

Raconter l’humain

En 1990, Joël Pommerat écrit et met en scène, à Paris, un premier texte, Le chemin de Dakar, et fonde à cette occasion la Compagnie Louis Brouillard. Depuis, le prolifique créateur a élaboré plus d’une vingtaine d’œuvres théâtrales, affinant, au fil du temps, un processus singulier. Véritable écrivain scénique, pour qui le texte ne représente que la frêle trace laissée sur du papier par le spectacle, il compose ses mises en scène au gré des improvisations avec les acteurs, conjointement ou en alternance avec le travail d’écriture. Attentif au réel, à la part de bizarrerie tapie derrière l’apparente banalité de vies ordinaires, Pommerat forge des univers scéniques troubles, où le ton réaliste peut coexister avec l’étrange ou peut soudain basculer dans le merveilleux. Qu’il explore le monde du travail (Les marchands, 2006), celui de la famille (D’une seule main, 2005), ou qu’il réinvente le conte de fées (Pinocchio, 2008 ; Cendrillon, 2011), l’artiste forge des fables à hauteur d’homme, au plus près de l’humain, de ses contradictions et de ses fragilités. À Montréal, on a pu apprécier les spectacles Cet enfant (Espace Go, 2008) et Le petit chaperon rouge (Usine C, 2008). Sa plus récente pièce, La réunification des deux Corées (2013), créée à Paris, a été présentée à Ottawa au printemps dernier.

Lauréat en 2011 du Molière de l’auteur francophone vivant, Joël Pommerat connaît aujourd’hui une renommée qui ne cesse de s’étendre, en France comme à l’étranger. Épurés, sobres, mais toujours mâtinés d’étrangeté, les univers scéniques qu’il crée frappent le cœur et l’esprit, et savent rester inoubliables.


UN SPECTACLE DE Compagnie Louis Brouillard
CRÉATION Joël Pommerat
COLLABORATION ARTISTIQUE Philippe Carbonneaux
INTERPRÉTATION Hervé Blanc + Patrick Bebi + Eric Forterre + Ludovic Molière + Jean-Claude Perrin
LUMIÈRES ET SCÉNOGRAPHIE Eric Soyer
COSTUMES Isabelle Deffin
SON François Leymarie
MUSIQUE Antonin Leymarie
DÉCOR ET ACCESSOIRES Thomas Ramon – À travers Champs
VIDÉO Renaud Rubiano
PHOTO Elisabeth Carecchio

COPRODUCTION Comédie de Béthune – Centre Dramatique National Nord Pas-de-Calais + Béthune 2011 – Capitale régionale de la Culture + Le Carré (Sainte-Maxime) + Théâtre de l’Union – Centre Dramatique National du Limousin + Le Rayon Vert (Saint-Valéry en Caux) + Théâtre d’Arles – Scène conventionnée pour des écritures d’aujourd’hui + Théâtre d’Évreux – Scène nationale Évreux Louviers + CNCDC – Centre National de création et de diffusions culturelles de Châteauvallon + Le Parvis – Scène nationale Tarbes Pyrénées + Le Granit – Scène nationale de Belfort AVEC LE SOUTIEN DE la Coupe d’Or – scène conventionnée de Rochefort

PRÉSENTATION AVEC LE SOUTIEN DU Service de coopération et d’action culturelle du Consulat général de France à Québec

RÉDACTION Catherine Cyr

Création à La Comédie de Béthune, le 15 décembre 2011



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« Outrage au public » de Peter Handke par Christian Lapointe

"Outrage au public" de Peter Handke par Christian Lapointe

BIENVENUE MESDAMES ET MESSIEURS

Christian Lapointe s’attaque au texte fondateur de la non-représentation, le ludique et déstabilisant Outrage au public de Peter Handke, dont il réinvente, près de 50 ans après sa création, la radicalité jubilatoire. Prenant au pied de la lettre le titre de l’œuvre et la phrase « ce soir on ne joue pas », il fait du public le seul intervenant vivant de la pièce, le plaçant face à lui-même, à la fois comme sujet et objet de ce singulier spectacle, où la représentation théâtrale est retournée comme un gant.

Dans cette recréation aussi rafraîchissante que jouissive, Christian Lapointe dirige l’affront à l’aide de saisissantes voix de synthèse. Soumis aux commandes d’automates déshumanisés, les spectateurs se verront chassés du théâtre — nous ne vous disons pas comment ! — par les célèbres cascades d’insultes qui terminent la pièce de Handke. Objet de cinéma direct, d’art audio ou de théâtre numérique ? Allez savoir !

Théâtre La Chapelle
durée : 1 h
en français
3 - 7 juin à 21 h 00
Tarif régulier : 28 $
30 ans et moins /65 ans et plus : 23 $
Taxes et frais de services inclus

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Entre faire et représenter

Depuis la fondation du Théâtre Péril, à Québec, en 2000, l’auteur et metteur en scène Christian Lapointe trace un parcours singulier, créant des objets théâtraux d’une exigeante densité, où la poésie, la mort et le réel se conjuguent pour interroger les manques existentiels du mode de vie contemporain. Inspiré tout autant par le symbolisme de William Butler Yeats — dont il a monté la trilogie du Chien de Culann, son premier spectacle, ainsi que Le seuil du palais du roi (2003) et le triptyque Calvaire, Résurrection et Purgatoire sous le titre Limbes (2009) — que par la densité textuelle et le rapport à la réalité des corps de Samuel Beckett, Lapointe a progressivement orienté sa recherche vers une mise sous tension de la part de réel qu’exige au théâtre tout acte de représentation. Que ce soit à travers ses relectures d’auteurs symbolistes (outre Yeats, Villiers de L’Isle-Adam dont il a monté l’irreprésentable Axel en 2006), des textes contemporains brutaux (Vu d’ici, d’après le roman de Mathieu Arsenault, 2008 ; L’enfant matière de Larry Tremblay au Théâtre Blanc, 2012) ou ses propres textes (dont C.H.S., présenté au FTA en 2007, puis au Festival d’Avignon en 2009 ; Anky ou la fuite, opéra du désordre, 2008 ; Trans(e), 2010 ; et Sepsis, 2012), Christian Lapointe travaille, selon les mots du critique Hervé Guay, à des « expériences atypiques dont on sort rarement indemne ». Il est créateur associé à Recto-Verso depuis 2011 et a été tout récemment nommé codirecteur artistique du Théâtre Blanc, à Québec.

UN SPECTACLE DE Recto-Verso

TEXTE Peter Handke

CONCEPT ET RÉALISATION Christian Lapointe

DIRECTION TECHNIQUE ET PROGRAMMATION VIDÉO Pierre-Olivier Fréchet-Martin

PHOTO Christian Lapointe

CODIFFUSION La Chapelle

RÉDACTION Paul Lefebvre

Création au Studio d’Essai, Mois Multi, Québec, le 31 janvier 2013

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Istanbouli Théâtre à la 3e édition du Festival International de Théâtre de Salé, au Maroc

Le Festival International de Théâtre de Salé a invité Istanbouli Théâtre à la 3e édition du Festival, qui aura lieu à la ville de Salé, au Maroc, du 29 mai au 2 Juin 2013.

Koum Yaba est une pièce de théâtre réalisée par l’artiste Libanais Kassem Istanbouli, une comédie noire qui parle de l’histoire du peuple palestinien depuis 1948 jusqu’à nos jours et inspiré par les textes de l’écrivain palestinien Salman Natour. Avant, Koum Yaba a eu lieudans les rues et les théâtres du Liban, les camps de réfugiés palestiniens, la Syrie,l’Espagne, l’Algérie, le Chili, le Koweït, la Tunisie, et maintenant sera representée au Marocpour la première fois.

Le Festival International de Théâtre de Salé, organisé par l’Association pour le Développement et la Coopération dirigé par Mr.Abdoullah Moussaoui, a invité les compagnies de théâtre de nombreux pays, le Maroc, Emirats Arabes Unis, l’Irak, l’Algérie, l’Égypte, le Mexique, la Tunisie, la Palestine et Istanbouli Theatre, représentant du Liban.

Cette année, un accent particulier sera mis sur la Palestine par le Festival, eu égard à son nouveau statut international, et Koum Yaba contribuera à cette célébration.

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« Play » de Samuel Beckett par Sahika Tekand

Play - Sahika Tekand © Nesrin Kadioglu

Play

de Samuel Beckett

Teaser

Sahika Tekand mise en scène, éclairages
Esat Tekand décor 
Aysen Aktengiz costumes 
Göksel Arslan assistance mise en scène 
Ozan Gözel assistance mise en scène 
Nagihan Gurkan assistance mise en scène 
Istanbul Municipal Theaters

avec Ali Gökmen Altug, Asli Aybars, Pelin Budak, Burçak Çöllü, Seda Fettahoglu, Yeliz Gercek, Ozan Gözel, Nurdan Kalinaga, Aslihan Kandemir, Selen Kartay, Buket Yanmaz Kubilay, Mehmet Okuroglu, Özge Özder, Özgür Kaymak Tanik, Esin Umulu, Ali Mert Yavuzcan, Çaglar Yigitogullari, Yigit Sertdemir

Play de Beckett met en scène un triangle amoureux. L’œuvre a trouvé en la personne de Sahika Tekand, l’une des figures majeures du théâtre turc contemporain, une interprète idéale de la grammaire minimaliste et répétitive du dramaturge, où le mot s’inscrit dans des règles pratiquement musicales. Sahika Tekand a élaboré une conception très personnelle de la pièce, articulé autour d’un dispositif scénique vertical. Chaque acteur y est confiné dans l’isolement d’un espace clos, intervenant en fonction d’un rythme qui s’emballe, souligné par un jeu d’éclairages alternés. Play est donc un spectacle des sens, où lumière, rythme et gestualité sont taillés sur mesure pour servir la sonorité du texte. Cette vision magistrale de la pièce de Beckett – qui a rarement trouvé un mode d’expression scénique aussi proche de son écriture -, est incarnée avec brio par les comédiens du théâtre municipal d’Istanbul, l’une des institutions les plus prestigieuses de la scène turque.


« Play » introductionJulie Rodeyns & Mesut Arslan (en anglais et en turc) (19:30)

vendredi 2.04. 2013 à 20:30
samedi 27.04.2013 à 20:30
durée 60 min
Palais des Beaux-Arts / Salle M
spectacle en turc, avec sur-titrage
en français et en néerlandais

Tickets

Production: BOZAR THEATRE
Coprésentation: 0090
Main partner: Istanbul Municipal Theaters
Main Sponsor: Tatart Art and Research Center


 
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27 mars : Journée Mondiale du Théâtre 2013

photo du théâtre ancien grec de Butrinti - détail

 

L’ auteur du message international de la Journée Mondiale du Théâtre 2013

est l’auteur italien, Prix Nobel de Littérature, Dario Fo

 video: message de Dario Fo lu en français

Message de Dario Fo

Le pouvoir a naguère voué les comédiens à l’intolérance et les a chassés hors de leur pays.

Les acteurs et les troupes peinent aujourd’hui à trouver places, théâtres et public; tout cela à cause de la crise.

Les gouvernants n’ont donc plus à se préoccuper de contrôler ceux qui s’expriment avec ironie et sarcasme, car les acteurs n’ont plus ni espaces, ni parterres à qui s’adresser.

Au contraire, pendant la Renaissance en Italie, les dirigeants avaient beaucoup de mal à maîtriser les comédiens, qui jouissaient d’un public très large.

On sait que le grand exode des comédiens advint au siècle de la Contre-Réforme, qui décréta le démantèlement de tous les espaces théâtraux, en particulier à Rome, où on les accusait d’outrage à la ville sainte. Le Pape Innocent XII, sous la pression de la frange la plus conservatrice de la bourgeoisie et des hauts représentants du clergé, avait ordonné, en 1697, la fermeture du théâtre de Tordinona, sur la scène duquel avaient eu lieu, selon les moralistes, le plus grand nombre de spectacles obscènes.

Du temps de la Contre-Réforme, le cardinal Charles Borromée, en fonction dans le nord de l’Italie, se consacra de façon prolifique à la rédemption des « enfants milanais », établissant une distinction nette entre l’art, forme la plus haute d’éducation spirituelle, et le théâtre, expression du profane et de la vanité. Dans une lettre adressée à ses collaborateurs, que je cite de mémoire, il s’exprime plus ou moins en ces termes : « Nous qui sommes résolus à extirper la plante maligne, nous avons tâché, en jetant au feu les textes aux discours infâmes, de les extirper de la mémoire des hommes, et de poursuivre aussi ceux qui ont divulgué ces textes en les imprimant. Mais, évidemment, pendant que nous dormions, le démon œuvrait avec une nouvelle ruse. Combien l’âme est plus imprégnée par ce que les yeux voient, que par ce que l’on peut lire dans les livres de ce genre! Combien le mot, dit avec la voix et le geste approprié, blesse plus gravement les esprits des adolescents et des jeunes filles, que la parole morte imprimée sur les livres. Il est donc urgent de chasser de nos villes les gens de théâtre comme on le fait déjà pour les esprits indésirables”.

Ainsi, la seule solution à la crise réside dans l’espoir d’une grande chasse aux sorcières contre nous, et surtout contre les jeunes qui veulent apprendre l’art du théâtre: ainsi naîtra une nouvelle diaspora de comédiens, qui tirera sans doute de cette contrainte des bénéfices inimaginables pour une nouvelle représentation.

Traduction: Etienne Chantoin, Alice Gardel et Florian Maganza

 
 
 
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Après Caragiale en chute libre : « Leonida Jem Session »

Photo : István Biró

Version scénique: Gábor Tompa et András Visky

Il paraît que dans notre zone les tirailleries politiques que l’on connaît des œuvres de Ion Luca Caragiale ne se terminent plus par l’accolade traditionnelle sur la place de l’Indépendance. Les adversaires essayent de compromettre et d’anéantir complètement l’un l’autre, et la fascination du pouvoir les éblouit comme elle avait ébloui jadis ces empereurs romains qui avaient pris à la lettre leur descendance divine, et par conséquent ils demandaient et accaparaient des pouvoirs et des privilèges illimités. De nos jours, les partis politiques ne trouvent aucune vertu même pas à être fidèles à leur programme, et ils s’approprient à la volée le slogan de leur ennemi le plus enragé, si cela s’avère être le seul moyen viable pour s’emparer du pouvoir. Les lois ou la constitution sont devenues dans leurs mains des outils et des jouets qu’ils peuvent remodeler à leur gré, à tout moment, puisqu’ils sont convaincus qu’ils y sont supérieurs.

23 ans après la tournure de 1989, les questions se multiplient sans jamais trouver de réponse – des réponses sans lesquelles nous allons probablement rater notre dernière chance de commencer enfin, dignement, de faire un endroit vivable de notre espace vital. Si nous n’arriverons pas à rendre totalement transparents les événements de notre passé récent ainsi que leurs protagonistes, nous pourrons comparer ce « changement de système » au vacarme de rue de la pièce Le père Leonida et la réaction, qui n’est qu’une mise en scène jouée par le pouvoir, afin de prouver qu’une vraie révolution n’aura jamais lieu.

Qui a peur, aujourd’hui même, de Ion Luca Caragiale, de ce prophète du théâtre, qui serait affolé s’il voyait ce qui passe dans nos jours et qui prendra cette fois-ci encore un aller simple jusqu’à Berlin ?

Gábor Tompa

Leonida	András Hatházi
Efimița	Zsolt Bogdán
Safta, Rusz Péter Miklós Bács
Dulceață Gábor Viola
Rahat	Loránd Farkas
Borkán	Szabolcs Balla
Șerbet	Róbert Laczkó Vass
Revoluția Kati Panek
metteur en scène Gábor Tompa
scénographe-costumier Carmencita Brojboiu
conseiller dramaturgique András Visky
musique de scène Vasile Şirli
conseiller chorégraphique Ferenc Sinkó
assistant du metteur en scène	István Albu
régie plateau	Borsos Levente, Nagy Yvonne

Décor faite par Altax SRL (Bucharest)

Date de la création: 21 septembre 2012

Durée: 1 heure

Représentations à venir :

Mars 	16 	Samedi 	20:00
Avril 	8 	Lundi 	20:00
Avril 	18 	Jeudi 	20:00

Billetterie : +40-264-593468, chaque jour de 10h à 13h et de 16.30h à 19h et avant que les représentations

Notre adresse : 26-28, rue E. Isac 400023 Cluj, Roumanie