
7.01 - 03.02.2012 Théâtre d'Ivry Antoine Vitez durée 3h10
CREATION texte français : Michel Cadot mise en scène : Guy Pierre Couleau assistanat à la mise en scène : Carolina Pecheny scénographie : Raymond Sarti lumières : Laurent Schneegans costumes : Sabine Siegwalt assistée de : Annamaria Rizza musique : Paul Dessau, Philippe Miller maquillage : Kuno Schlegelmilch
avec
Pierre Alain Chapuis, Luc Antoine Diquero, Sébastien Desjours, François Kergourlay, Nolwenn Korbell, Pauline Ribat, Rainer Sievert, Fanny Sintès, Serge Tranvouez, Jessica Vedel, Clémentine Verdier
PUNTILA – Ce qui est encore pire, c’est que pendant ces accès de sobriété totale, insensée, je tombe carrément au niveau de la bête. A ce moment-là je n’ai plus la moindre inhibition. Je suis alors pleinement responsable de mes actes.
De Brecht à Chaplin
Cette pièce, écrite en 1940, dépeint le caractère ambigu et imprévisible d’un propriétaire foncier, Maître Puntila, dont l‘alcoolisme transforme singulièrement la personnalité. Sobre, il est méprisant, colérique, calculateur. Ivre, il devient prodigue, affable, proche des travailleurs. Le témoin privilégié de ses métamorphoses n’est autre que son valet Matti, dont l’intelligence et l’esprit de liberté donnent à son langage une grande saveur comique et ironique. Mais le valet finit par se lasser des changements d’humeur violents de son maître et décide de s’émanciper.
Ma première inspiration pour mettre en scène Maître Puntila et son valet Matti provient du film de Charlie Chaplin Les Lumières de la ville. Dans ce film, Charlot, un vagabond, se lie d’amitié avec un millionnaire excentrique qui le traite avec tous les égards lorsqu’il est ivre, mais oublie de le reconnaître quand il est sobre. C’est cet argument qui sert de base et de prétexte à Brecht pour écrire la fable géniale de Maître Puntila.
Puntila et son valet Matti, autre face de lui-même, sont les deux visages d’un même être intemporel et universel : l’homme dans sa duplicité, alternativement porté vers la douceur du partage généreux et altruiste ou bien aliéné d’un égoïsme profond, qui le rend dépendant de sa propre méchanceté.
Brecht qualifie lui-même Maître Puntila et son valet Matti de “ Volkstück ”, c’est-à-dire de “ pièce populaire ”, littéralement de pièce du peuple. Par les moyens d’écriture les plus variés, passant du didactisme à un certain lyrisme, du tragique à la comédie, il explore beaucoup des possibilités qu’offre le théâtre pour contribuer à changer le monde. Mais peut-être surtout, pour toucher l’autre en face de lui et par le théâtre, provoquer en son frère humain une réflexion personnelle, une quête intime de vérité et une introspection joyeuse, ludique et profonde.
Guy Pierre Couleau
Production Comédie De l’Est Centre Dramatique National d’Alsace. Coproduction Théâtre Firmin Gémier/La Piscine – Scènes Vosges/Epinal, La Coupole à Saint Louis, Le Théâtre des Quartiers d’Ivry. Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National. L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.

