RISOTTO de Amedeo Fago, ItalieTEXTE, DRAMATURGIE ET MISE EN SCENE AMEDEO FAGOMC93 Bobigny, Paris, du 4.11 au 13.12/2011
à 20h30, dimanche à 15h30, relâche mercredi et jeudi,
samedi soir : tarif à 10€ pour tous.
en français avec accent italien
TRADUCTION PATRICK SOMMIER
AVEC AMEDEO FAGO ET FABRIZIO BEGGIATO
Durée: 55 mn, dégustation...
MC93, SALLE CHRISTIAN BOURGOIS
Production Associazone Cubatea Rome, Italie
En partenariat avec l’Institut Culturel Italien de Paris
Une amitié de cinquante ans racontée, le temps de la préparation et de la cuisson d’un risotto d’exception, par deux italiens qui, en partageant avec les spectateurs la chronique de leur quotidien, déroulent, avec un humour teinté de nostalgie, l’histoire d’une société italienne qui nous semble infiniment proche.
Risotto est l’histoire de deux vies et d’une amitié qui commença au lycée Tasso de Rome, il y a bien longtemps. C’est un peu la version micro du film de Giordana Nos meilleures années, l’Italie des cinquante dernières années depuis l’inondation à Florence où des milliers d’étudiants d’Italie vinrent sauver les livres menacés par les eaux, jusqu’à….
… jusqu’à aujourd’hui. Et autour de cette amitié, cette Italie qu’on aime, belle et prête à toutes les folies, où le rire a parfois le coeur serré. Plutôt Fellini que Visconti. Risotto a couru la planète, au Brésil et en Russie, à travers l’Europe et à Paris déjà mais on ne s’en lasse pas. Au fourneau, Fabrizio, professeur de philologie à l’Université de Rome. À table, Amedeo, cinéaste et scénographe des films de Bellochio, d’Elio Petri… Ça sent bon dans la salle, le bouillon mijote, Fabrizio travaille le risotto. Quelle saveur aujourd’hui : cèpes, herbes, fruits de mer ? On verra puisque à la fin du spectacle, un verre de vin blanc frais à la main, on sera tous conviés à déguster ce Risotto et à poursuivre la soirée avec Amedeo et Fabrizio. Et si vous venez avec un petit carnet et un stylo, vous pourrez suivre ce cours magistral de gastronomie italienne.
NOTE DE L’AUTEUR, AMEDEO FAGO
Le 24 septembre 1978 au Théâtre “Il Politecnico » de Rome, j’ai fait un acte d’auto-rétract-action », c’est ainsi que ce 24 septembre 1978 j’ai commencé ma carrière d’auteur théâtral. Dix ans plus tôt, pour être précis en avril 1968, j’ai laissé pousser ma barbe. Une barbe longue et touffue qui avec mes cheveux me donnait l’allure d’un soixantehuitard, un air de contestataire, de rebelle, de provocateur. Dans les années qui ont suivi 1968, comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai traversé des moments de crise profonde. J’ai commencé alors à rechercher dans les méandres de mon inconscient les raisons de ce mal-être qui prenait le chemin de la folie, la folie de la résignation et de la non résignation.
« 68 était mort avec 68, la révolution culturelle n’avait pas fait un seul enfant, la jeunesse n’avait pas réussi à rêver. Endormie dans une sorte de demi -torpeur, elle avait voulu troquer la réalité contre un rêve. Cependant, ne parvenant pas à s’endormir vraiment, à abandonner cette réalité, elle avait fini par échanger ses rêves contre la réalité. Dans son sommeil, la jeunesse s’était effrayée de la réalité, elle l’avait agressée, mais sans la réfuter vraiment. Insomniaque, elle avait eu peur des songes et les avait niés, sans les comprendre » ( Massimo Fagioli, Les Nuits de l’hystérie).
Je fais cette citation parce qu’elle exprime exactement l’état d’esprit qui 10 ans après mai 68 m’a poussé à accomplir ce geste théâtral « d’auto-rétract-action « . C’est ainsi qu’après avoir construit quelques châteaux de cartes et feuilleté les pages de mes carnets de rêves recueillis depuis 10 ans, je me suis rasé la barbe. Ce fut évidemment une représentation unique qui exprimait, en même temps que la prise de conscience d’un échec, la possibilité « d’une renaissance humaine comme séparée de la réalité passée ».
Risotto, d’une certaine manière, est la conséquence et le prolongement d’un discours commencé avec « d’auto-rétractaction », un discours qui s’articule sur deux niveaux : d’un côté une idée du théâtre et de la dramaturgie, de l’autre la mise en scène sans artifices d’actions réelles et concrètes : me tailler la barbe dans « d’auto-rétract-action » ou cuisiner dans Risotto. Ces gestes soulignent l’unicité de l’expression théâtrale.
Le temps d’une soirée, le spectateur de théâtre assiste en temps réel à la naissance puis à la mort d’un spectacle. Une représentation de théâtre, c’est un morceau de vie que le public et les acteurs traversent ensemble. C’est en ce sens que le théâtre plus que le cinéma ressemble au rêve…
D’un autre côté, dans l’apparent minimalisme du récit, apparaît la proposition d’un possible refus comme instrument de changement et de rupture avec le passé. Le refus, obsessionnellement répétitif que symbolise le repas, d’un rapport d’identification, libère les deux protagonistes et restitue au risotto sa réalité et sa dignité de met exquis.
POUR ARRIVER À LA MC93, 1 boulevard Lénine 93000 Bobigny
ALLER
En métro : ligne M5, terminus Bobigny-Pablo-Picasso + 5 minutes à pied.
En tramway : ligne T1, arrêt Hôtel de Ville de Bobigny Dernier tram en direction
de Gare de St-Denis
RER à 23h40 en semaine, 00h40 ve. et sa.
Bus 134, 146, 148, 234, 251, 301, 303, 322, 615, 620 – arrêt Bobigny-Pablo Picasso.
En voiture : à 5 km de la Porte de Pantin et de la Porte de la Villette, à 10 km de
Notre-Dame, à 18km de Roissy – CDG, parking Paul Éluard gratuit et surveillé.
RETOUR
En métro : Dernier métro à 00h41 en semaine, 01h41 ve. et sa.
Le Noctilien N13 circule entre Bobigny-Pablo Picasso et Mairie d’Issy à partir de 00h45
en semaine, 00h35 les week-ends et jours fériés.
RENSEIGNEMENTS : www.mc93.com, Tél. (33) 1 41 60 72 60
Réservation : http://billetterie.mc93.com/4DCGI/repext1011110000508