Claude Régy
La Barque le soir
de Tarjei Vesaas
Adaptation par Claude Régy du texte « Voguer parmi les miroirs », extrait du roman de Tarjei Vesaas La Barque le soir
Traduction du norvégien : Régis Boyer Mise en scène : Claude Régy Assistant : Alexandre Barry Scénographie : Sallahdyn Khatir Lumière : Rémi Godfroy Son : Philippe Cachia
Avec Yann Boudaud, Olivier Bonnefoy, Nichan Moumdjian
Ce que personne d’autre ne sait
Dans ce texte s’invente un univers vierge parce que se brouillent continûment les frontières : monter et descendre, toucher le fond parmi la vase, émerger à la surface – à peine un quart de visage, le nez seul peut-être. Respiration – très peu d’air – asphyxie – lutte farouche pour l’interrompre. Ce qu’on ressent, c’est le trouble constant de l’absence de démarcation. « Pas une mort violente, mais une mort profonde, silencieuse. » Une vie profonde, silencieuse. C’est l’écho qu’on entend au loin. À demi cadavre, un homme dérive accroché, d’un bras, à un tronc d’arbre qui flotte à la surface d’un fleuve. Il dérive vers le sud « comme une conscience blessée. » Des choses qui viennent d’une autre existence – la sienne sans doute en un autre temps – se déchaînent sur lui. À moins qu’il s’agisse des manifestations d’une existence extérieure à la sienne. Il s’agit en tout cas d’un déchaînement de forces qui s’opposent à lui, contraint comme il est de s’abandonner au courant. Vesaas laisse de grands espaces de liberté où peuvent jouer les clés secrètes de notre conscience. Il écrit un pur poème et nous le ressentons illimité. Pour l’homme qui navigue – étrange navigation – son reflet dans l’eau et sa propre place tout contre la mort peuvent dire – c’est un moment unique – ce que personne d’autre ne sait. Un cheminement lent au bord de l’inconnaissable. L’ultime ne finit pas. C’est une ouverture – pour un temps prolongé – à une libre coexistence de la vie et de la mort. Une sorte de permanence est donnée au passage du seuil qui cesse, par là même, d’être fatal et émotionnel. C’est une aventure du corps et de l’esprit, une expérience suscitée à l’extrême du vivant. Dans le moment dilaté de sa rupture.
La dilatation permet l’observation.
Claude Régy, mars 2012
Création Les Ateliers Contemporains Coproduction Odéon-Théâtre de l’Europe (Paris) ; CDN Orléans-Loiret-Centre ; Théâtre National de Toulouse et Théâtre Garonne ; Comédie de Reims ; Festival d’Automne à Paris Coréalisation Odéon-Théâtre de l’Europe (Paris) ; Festival d’Automne à Paris Avec le soutien de l’AdamiOdéon – Ateliers Berthier Adresse : 38 boulevard Berthier – 75017 Paris Métro : Porte de Clichy Ateliers Berthier (petite salle) Entrée au 34 boulevard Berthier 75017 Paris
Réservation : par téléphone du lundi au samedi de 11h à 18h30 – sur place 2h avant les représentations 0033 (0) 1 44 85 40 40
www.theatre-odeon.eu
27 septembre au 3 novembre 20h, dimanche 15h, relâche lundi 14€ à 30€, Abonnement 14€ à 22€
Régy « vogue parmi les miroirs », Magazine Littéraire


