Festival TransAmériques, Montréal

« Si un son vous dérange, écoutez-le. » Plus que jamais, ce précepte de John Cage entre en parfaite résonance avec l’esprit du Festival TransAmériques. Comment, en effet, rester sourd aux échos d’un monde qui se fait chaque jour un peu plus dissonant, un peu plus discordant ?

Des voix s’élèvent, de plus en plus nombreuses, pour défendre courageusement les valeurs profondes de l’humanité et de la vie. Ce sont celles de millions de citoyens anonymes sur tous les continents. Ce sont aussi celles des créateurs qui, par la pratique même de leur art, résistent à l’aliénation, à l’endoctrinement, aux réponses toutes faites, à la dictature de l’air du temps. Ils posent des questions fondamentales à leur art, à leur société, à leurs contemporains. Parfois, ils mettent aussi un baume de beauté et d’espoir sur les plaies béantes de la guerre, de l’injustice et de la voracité aveugle d’une mécanique économique que rien, même le simple bon sens, ne semble pouvoir arrêter. Rarement les œuvres n’auront-elles été en prise aussi directe sur le réel que dans cette 6e édition.

D’où qu’ils viennent, quels que soient leur culture, leurs combats, leurs rêves, ces artistes affirment leur unicité, revendiquent sans détour leurs différences. La profusion de formes, de paroles et d’esthétiques de ce Festival nous offre une formidable occasion de nous déprendre des griffes du quotidien et de nous plonger au cœur d’un monde de tous les possibles, battant au rythme de la création contemporaine. On y trouve des appels au changement, de la démesure, des désirs brûlants, des quêtes identitaires, de la colère, de l’humour, de la compassion, de la foi et du doute, des espoirs agissants. Mais également des temps de suspension, de silence, de recueillement. On y trouve encore la puissance libératrice de paroles affirmées sans craindre de choquer et la beauté féroce de vérités livrées sans fard.

Ce Festival n’est pas le lieu d’une seule voix, d’un seul corps, d’une seule génération. Il se veut le lieu de l’ouverture, du dialogue, du choc des idées et des imaginaires. De l’émergence, des passages, de la transmission. Il est le lieu de la fête, de la subversion, de la liberté de penser.

Bon Festival !

Marie-Hélène Falcon
Codirectrice générale et directrice artistique
Programmation
Billeterie